« C’est un trimestre de très bonne facture qui s’achève, pour tous nos fonds, avec des performances à deux chiffres comparables aux meilleures enregistrées lors du 2ème trimestre 2003 ou
3ème trimestre 2009.

Le CAC 40 a franchi allègrement le seuil des 5000 et se maintient au-delà, les obligations allemandes atteignent des sommets (elles n’ont jamais coté aussi cher) affichant des rendements inférieurs à 0,2% à 10 ans, tandis que le dollar grimpait à 1,05 contre euro à mi-mars, pour revenir à 1,09 à l’heure de la clôture des comptes à fin mars.

Bref, certains médias évoquent un climat euphorique ce qui, immanquablement, amène à s’interroger sur les chances de lendemains qui déchanteraient sur le thème «Noël aux balcons, Pâques aux tisons » !?

Plusieurs remarques incitent à ne pas s’inquiéter, malgré d’inévitables fluctuations à venir :

1 –   Cette euphorie boursière n’est pas universelle ; ainsi, l’investisseur référencé au dollar observe que ses performances trimestrielles sont des plus médiocres, voire négatives sur de nombreuses catégories d’actifs ; ni les actions américaines ni les émergentes n’ont brillé, quand les performances des européennes sont en large partie soufflées par la dépréciation de l’euro.

2 –   Si nos fonds actions ont bénéficié d’un contexte boursier favorable, encore fallait-il ne pas trop se tromper dans les choix de thématiques géographiques ou sectorielles ; nos fonds patrimoniaux ont été portés par différents moteurs de performance hormis les actions.

3 – L’expérience passée de nos fonds met en évidence qu’une telle dynamique haussière se prolonge au moins au trimestre suivant. Car le contexte reste celui du grand « rebalancement entre grandes classes d’actifs financiers », à la recherche fébrile de quelque rentabilité, ce qui conduit à sortir des obligations qui ne rapportent plus rien pour revenir sur les actions, encore largement sous représentées dans les portefeuilles des institutionnels comme des particuliers. Les agissements des banques centrales alimentent puissamment ces arbitrages en faveur d’actifs risqués.

Annoncé en janvier dernier, la BCE vient de débuter son programme d’achat d’obligations au rythme de 60 milliards par mois. En termes relatifs, rapportés aux déficits budgétaires consolidés de la zone euro, ce « QE » (Quantitative easing) s’avère cinq fois plus important que la dernière phase de QE conduite par la Fed et qui s’est achevé en octobre dernier.

Si la BCE a mis plus de six ans avant de se lancer (il fallait notamment surmonter les réticences allemandes ou bataves), sa décision d’ampleur sans précédent au monde devrait avoir des conséquences majeures sur les marchés financiers, d’ici et d’ailleurs, sur l’évolution macroéconomique, voire sur l’approfondissement de la gouvernance européenne. Ce QE intervient alors que la conjoncture européenne amorçait une phase d’amélioration ; logiquement ce QE devrait amplifier cette embellie, pour se conjuguer aux effets bénéfiques de la dépréciation de l’euro et de la baisse des prix du pétrole : baisse durable des taux d’intérêt à zéro voire en négatif, retour de la confiance et de l’appétit pour le risque, remontée de la vélocité monétaire et des anticipations inflationnistes …. Les conditions semblent désormais réunies pour alimenter un cercle vertueux et, en particulier, doper les profits des entreprises européennes, à commencer par celles qui sont cotées.

Ainsi, la hausse récente de leurs cours serait justifiée ; c’est ce qui nous a incités à y renforcer notre exposition, d’autant que nous n’y voyons pas de signe objectif de bulle à ce stade : Don ’t fight the BCE !

Mais la vigilance reste de mise car si l’on doit stigmatiser un risque de bulle, c’est bien du côté des obligations qu’il se situe, d’où notre extrême méfiance à leur égard. Il n’y a guère plus que les régulateurs, toujours en retard d’une crise ou deux, pour considérer comme « sans risque » les emprunts d’Etats ; sans doute attendent-ils, eux aussi, que les banques centrales fassent la démonstration de leur dextérité pour revenir vers des politiques monétaires « normales ». La FED s’y prépare activement, et nous y prépare via une communication pour le moins alambiquée, avec un calendrier retardé.

A suivre donc, mais dans l’immédiat : « Carpe diem » ! »

Le rapport trimestriel complet est disponible sur simple demande.