« Après un beau galop sur les trois premiers mois de l’année, nos craintes de dégonflement de la bulle obligataire se sont matérialisées entraînant une correction sévère à partir des plus hauts d’avril.

C’est ainsi que nos fonds patrimoniaux se replient quelque peu tandis que nos fonds actions améliorent leurs gains déjà sympathiques du trimestre précédent.

Nous avions pourtant anticipé plus de volatilité sur les marchés financiers et pris quelques mesures en conséquence, mais nous n’avons pas été déçus ; confessons même que nous avons été surpris par la vitesse et l’amplitude de certains ajustements qui découlent, selon nous, de comportements particulièrement moutonniers de la part des investisseurs. Il est vrai que dans un monde de taux anormalement bas et totalement manipulés, les opérateurs affamés de rendement se sont précipités sur les mêmes os à ronger : dette périphérique, dette à haut rendement ou dette émergente, crédit ou actions à comportement obligataire.

De même, unanimement, tous étaient haussiers sur le Dollar vs Euro ou Yen, surpondérés en actions européennes contre les américaines, mais absents des actifs émergents. En définitive, la plupart de ces stratégies consensuelles ont été mal menées depuis mi-avril avec la brutale remontée des taux d’intérêt à long terme en zone euro et un brusque retour de l’aversion pour le risque grec. Dans ce contexte, nos efforts de construction de portefeuilles diversifiés se sont avérés inopérants.

Ce survol serait incomplet sans évoquer l’accélération de la partie de poker menteur qui se joue entre la Grèce et ses créanciers. A l’heure de la rédaction de ces commentaires, nous venons d’apprendre la décision du premier ministre grec de convoquer un référendum sous huitaine. Indéniablement il s’agit là d’une nouvelle qui a surpris tout le monde et qui exacerbe la tension qui montait inexorablement depuis six mois, en fait depuis l’arrivée d’une équipe cryptocommuniste au pouvoir. Il s’agit d’un pari « osé » de la part de Mr TISPRAS visant à forcer à nouveau la main des créanciers.

Sans préjuger ni du résultat de ce référendum (s’il a bien lieu !?) ni de ses conséquences immédiates, nous ne croyons pas à une contagion systémique en Zone Euro : la GRECE ne pèse guère (moins de 2% du PNB et 3% de la dette de la zone) et sa dette n’est plus détenue par des investisseurs privés, tandis que la BCE veille au grain dotée de très larges moyens pour empêcher un trop fort écartement des spreads sur les autres pays les plus vulnérables.

Dès lors que l’histoire s’accélère, le dénouement de la crise se rapproche ; paradoxalement d’un mal, il en ressortirait un bien : le sort pathétique des grecs s’enfonçant dans l’appauvrissement devrait servir de repoussoir aux affirmations péremptoires d’autres démagogues, adeptes d’une sortie de l’EURO comme remède à tous les maux. Dès lors, une nouvelle avancée sur le chemin de l’intégration européenne serait en passe d’être franchie, avec ou sans les grecs.
De sorte que Mr TSIPRAS serait à remercier pour ce cadeau, mais ….Timeo danaos et donna ferentes : je crains les grecs surtout lorsqu’ils apportent un cadeau (dixit VIRGILE ou ASTERIX légionnaire).

Il va donc falloir attacher ses ceintures pour résister aux secousses boursières des prochains jours en conservant une attitude d’investisseur de moyen terme d’autant que des rebondissements peuvent survenir à tout instant et modifier drastiquement l’humeur des spéculateurs.

A l’heure actuelle seule les actions laissent espérer une rémunération convenable pour des investisseurs patients ; il convient donc d’accepter leur risque inhérent qui se manifeste par des fluctuations inévitables, à court terme, lesquelles pourraient à nouveau se manifester à l’approche des prochaines réunions de la Fed et des élections espagnoles.

Nous restons persuadés que les marchés actions sauront surmonter ces péripéties, soutenus par des fondamentaux favorables : une amélioration des perspectives bénéficiaires, des valorisations encore raisonnables et une absence de concurrence de la part d’autres catégories d’actifs.

Achevé de rédigé le 1er juillet 2015